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Par la bouche,

par le nez,

par ton corps tout entier,

tu descelles la nature du terrain.

Les verres s’inclinent,

le vin s’aère,

au-dessus du calice,

les arômes se révèlent en silence.

Tu dégustes,

Disponible au seul présent,

tu laisses ta mémoire ouvrir ses archives.

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en avant ça bute contre le gros orteil, ça fait frémir d’un coup et stopper net à un mètre dix du tableau blanc, ça fait baisser les yeux pour constater la pointe de la chaussure plantée dans le bois qui sonne creux, ça fait fossile et relief inattendu, vestige méchant et absolument « NON » dans la tête (non de ne pas vouloir s’exprimer depuis ces hauteurs), ça attise l’envie de déguerpir et de prendre l’air, ça coupe l’élan de la rencontre

Encore jamais arrivé, ça.

Dans la salle de classe, pour l’atelier, tomber sur une estrade.

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À l’échelle du paysage, la crue est un bouleversement identitaire. En laissant les eaux se répandre, elle vient rebattre les cartes. Sans doute le plaisir que je trouve à observer les montées des eaux réside là, dans ces respirations d’identités.

Dès les premières pluies, me voilà tendue vers ce désir de tout voir se renégocier.

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Projetée hors du sommeil par un désir irrépressible de corps en mouvements, je veux sentir la peau, le souffle de ces autres, inconnus, effleurés sous les lunes synthétiques. Me voilà hors du lit, les jambes parcourues d’impatiences. Brûlante, je veux rejoindre la fièvre des anciennes nuits.