Par les pieds, je trace les contours de l’habitation.
Petits pas sur les graviers,
le long des parterres de fleurs.
Je me trace des contours.
Par les pieds, je trace les contours de l’habitation.
Petits pas sur les graviers,
le long des parterres de fleurs.
Je me trace des contours.
Avant d’avoir
Perdre
Perdre celles et ceux nés plus tôt
traverser les maisons vides
où s’accumulent
des vêtements repliés pour toujours
Parfois , j’écris pour me déshériter.
Ce matin, je fais une étrange expérience. Comme régulièrement depuis plusieurs années déjà, je retourne à la source de mon chantier d’écriture ; comme une bête va à la rivière, je consulte mes archives. Cartes, plans cadastraux et journaux rassemblés dans une pochette cartonnée. Mais ce matin, voilà que l’archive se brise. Les deux élastiques du dossier ont perdu leur répondant, sous mes doigts je les sens mollir, elles me lâchent. Un étrange vertige me saisit.
Faut-il y voir un signe ? Un avertissement ?
Le document se lasse-t-il d’être ainsi pressé par les ruminations de l’écriture ?

Je n’aimerais pas vivre dans une maison neuve. La peinture trop fraîche, trop lisse. L’absence de traces de doigts sur les boiseries. Les murs sans accros. Toutes les matières du lieu, proches d’un commencement, ne seraient pas assez blettes.
Car peut-on vivre sans de légers effondrements ?