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Je crois qu’il existe des communautés d’enspacement. Ces nébuleuses sont formées par toutes celles et ceux qui sont habité.e.s par un même espace et sont traversé.e.s d’une même syntaxe.

Les membres de ce groupe en perpétuelle expansion se reconnaissent à l’oreille. Lors de rassemblements informels, ils jargonnent et parlent une langue habitée par les lumières d’un même lieu.

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Nous sommes dans l’atelier. Nue et immobile, je t’observe déplier tes lignes. Le silence heurté par les frottements de ton fusain, je te regarde au travail. Pour étendre le délicat sillon où viennent se glisser mes contours, tu dois réapprendre à voir.

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J’ai longtemps été dans l’incapacité d’utiliser le mot campagne pour parler de l’endroit dans lequel j’ai grandi. Dire ou écrire campagne m’inscrivait, par contraste, dans la ville; d’une certaine manière, cela achevait l’exode.