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La mer déploie des formes merveilleuses. Sur les cartes marines, dans les profondeurs de ses eaux ou dans les reflets irisés des roches corrodées par le sel, elle étend sa force d’attraction bien au-delà des jeux de l’enfance.

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Certains soirs, certains jours, vaciller et avoir peur de ne pas savoir quoi faire de la nuit qui s’étend sur les cœurs et veut ronger nos liens. Comment faire pour tenir? Comment endurer les distances, les silences, les violences ? Comment garder intacte la fièvre d’être vivants?

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J’ai la nostalgie de l’île, de ses douceurs sur la peau et dans la bouche. Tout me manque. La Turquie à l’horizon, la chaleur volcanique, les accentuations de la langue et ces murs qui savaient retenir le ciel et ralentir le temps. Ce soir, tout est trop loin.

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Après la marche et l’orage, je dois me résoudre à quitter les pliures des chemins, les recoins de feuillages, il faut rentrer. Sur la route, je pense aux élans que les creux et les ouvertures ont éveillés. Ces seuils sont des amorces. Je les aime pour ça, pour ce qu’ils ont d’érotique malgré eux.