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J’ai patienté avant de l’écrire, juste suffisamment pour voir si cela se reproduirait plusieurs fois; pour vérifier, en quelque sorte, que mes yeux ne me trompent pas. En fin de journée, j’ai attendu la percée bleu turquoise à l’avant de la maison; j’ai attendu le ballet des vélos à l’approche du diner. J’ai observé, plusieurs jours, plusieurs semaines; j’aurai voulu faire une erreur ou bien être tombée sur un cas isolé. Ce n’est pas le cas. Là où je vis, les livreurs à vélo ont la peau noire, sans exception.

Vidée de ses voitures, la rue met en exergue une partie du monde qui ne peut pas se mettre à l’arrêt.